Questions au gouvernement

Quelles mesures pour assurer la pérennité de Valdunes ?

Mardi 4 juillet avait lieu au Sénat la dernière séance de questions orales au Gouvernement avant la fin de la session parlementaire.

A cette occasion, Michelle Gréaume a souhaité interpeller la ministre déléguée chargée des personnes handicapées, Mme Geneviève Darrieussecq, sur l’avenir de l’entreprise Valdunes, menacée par le désengagement du chinois MA Steel de son capital.

Lire la question orale posée par Michelle Gréaume

Madame la Présidente,
Madame la Ministre,
Mes chers collègues,

Dernière entreprise française à fabriquer des roues et essieux pour le ferroviaire et le matériel roulant, l’entreprise Valdunes est menacée de fermeture suite au désengagement de l’unique actionnaire, le chinois MA Steel.

368 salariés, au savoir-faire reconnu - comme a pu le constater votre collègue Roland Lescure, ministre de l’Industrie, lors de sa venue sur place - sont menacés de licenciements sur les deux sites nordistes de Trith-Saint-Léger et Leffrinckoucke.

Quand on sait que la suppression d’un emploi industriel entraîne la perte de trois emplois induits, on mesure l’ampleur des conséquences, aux plans humain et industriel. Au plan humain dans des territoires déjà fortement impactés par le chômage et la précarité. Au plan industriel car les salariés de Valdunes sont les seuls en France à produire les roues, axes et essieux dans un secteur d’activité clé, le ferroviaire et les transports publics, pour la transition écologique et la réindustrialisation, objectifs affichés par le Président de la République.

La mobilisation des salariés, des élus et de la population a déjà fait bouger les lignes, dans le sens où l’activité devrait être maintenue jusqu’à la fin de cette année, laissant ainsi du temps pour trouver un repreneur.

Mais plus qu’un repreneur, Madame la Ministre, le vrai sujet est : pour quel projet industriel ?

Car les difficultés de Valdunes ne sont pas nouvelles. Elles résultent à la fois des délocalisations de productions, mises en œuvre par l’ancien actionnaire chinois qui a délaissé les sites français après avoir fait main basse sur la technologie et les brevets, et du choix de la SNCF, de la RATP et d’Alstom, de faire fabriquer roues et essieux à l’étranger.

Le retrait de MA Steel offre l’opportunité de changer d’orientation et de reprendre la main sur cet outil stratégique pour notre indépendance industrielle et la transition écologique.

La reconquête des marchés SNCF, RATP, Alstom, entreprises publiques ou bénéficiant très largement de fonds publics, est une priorité. L’état doit agir et faire pression, comme il s’y est verbalement engagé lors de la rencontre avec la délégation de représentants du personnel de Valdunes.

Mais au-delà, il s’agit également de se prémunir de toute reprise à unique objectif financier, qui conduirait au dépeçage total de Valdunes. En ce sens, la proposition avancée par les représentants des salariés et des élus de création d’un consortium autour d’un industriel sérieux comme Alstom par exemple, avec l’Etat, la SNCF et la RATP, mérite d’être étudiée avec le plus grand sérieux.

Madame la Ministre, quelle réponse concrète pouvez-vous apporter à ces propositions, et plus largement, quelles sont les mesures envisagées pour garantir la pérennité de l’entreprise, des emplois et du savoir-faire industriel dans notre pays ?

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