Questions au gouvernement

La France va-t-elle condamner l’intervention au Vénézuela ?

Ingérences, prédation économique, remise en cause de la souveraineté des États : à travers le cas du Venezuela, Cécile Cukierman dénonce le retour brutal des rapports de force internationaux et interroge la responsabilité et la cohérence de la diplomatie française

Samedi 3 janvier, Donald Trump a organisé l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, ainsi que leur transfert aux États-Unis. Il se justifie par la lutte contre le narcotrafic.

Mais, dans sa déclaration, il dévoile son véritable but : l’occupation. Je cite : « Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions effectuer une transition ». Il annonce également l’arrivée d’entreprises américaines pour prendre le contrôle des infrastructures pétrolières et, dit-il, « commencer à gagner de l’argent ». Son seul objectif est bien le contrôle de la manne pétrolière.

Cette logique s’étend : autour du Groenland, les pressions sur les ressources et les routes arctiques s’intensifient. Et, quoi qu’affirme le président Macron, cette menace doit être prise très au sérieux.
Nous assistons au retour assumé des logiques de puissance, d’ingérence et de prédation.

Mais le plus inquiétant, Monsieur le Premier ministre, c’est la place où la France se met elle-même. Le silence ou l’ambiguïté face à de telles violations affaiblissent notre crédibilité diplomatique, au moment où nous voulons réaffirmer notre soutien à l’Ukraine face à l’agression de Vladimir Poutine.

Comment exiger le respect de la souveraineté et de la Charte des Nations unies si nous restons muets lorsqu’une autre puissance piétine ces mêmes principes ? L’incohérence nourrit le cynisme — et elle sert ceux qui nient le droit international.

Monsieur le Premier ministre, la France va-t-elle condamner l’intervention au Venezuela et l’arrestation de ses dirigeants ?

Nous vous avons interpellé, avec mon collègue président du groupe GDR, pour l’organisation d’un débat au titre de l’article 50-1. Vous en avez acté le principe hier à l’Assemblée nationale : pouvez-vous nous dire quand celui-ci aura lieu ?

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