Monsieur le ministre, mes chers collègues, alors que la France dépense moins que la moyenne des pays de l’OCDE pour ses élèves de primaire et de collège, que les classes sont surchargées et que les enseignants sont moins bien rémunérés, le Gouvernement poursuit sciemment la destruction du service public de l’éducation. Ce sont ainsi 3 200 postes d’enseignants qui seront supprimés à la rentrée prochaine. Dans l’académie de Lille, qui est la plus touchée, 400 suppressions sont prévues, soit un poste sur huit.
C’est une saignée, comme le rappellent les syndicats mobilisés aujourd’hui.
Vous invoquez, pour justifier ces suppressions, la baisse démographique. Mais cet argument ne résiste pas aux faits. Depuis 2017, près de 10 000 postes ont été supprimés dans le second degré, alors même que les effectifs augmentaient.
Votre logique est limpide : quand les effectifs augmentent, vous opposez la rigueur budgétaire pour ne pas créer de postes ; quand ils diminuent, vous alléguez l’argument démographique pour en supprimer. Dans tous les cas, l’école est perdante.
La part du budget de l’éducation dans le PIB et le budget de l’État stagnent, alors même que les coûts augmentent et que les besoins explosent. L’école publique est gérée à moyens constants dans un contexte de pénurie organisée.
Et pour cause : ce gouvernement a fait d’autres choix. Pour la première fois, en 2026, le budget de la mission « Défense » dépasse celui de l’éducation nationale. Reléguée au neuvième rang protocolaire, l’éducation n’est plus une priorité nationale.
Dès lors, quel crédit accorder à vos discours sur l’avenir de la jeunesse et les défis du XXIe siècle ? Si l’éducation était réellement une priorité, vous partiriez des besoins : plus d’enseignants devant les élèves, plus de moyens pour les établissements, et moins de réformes absurdes qui désorganisent le service public.
Ma question est simple, monsieur le ministre : allez-vous continuer à masquer une politique d’austérité brutale derrière des éléments de langage, ou assumer enfin que vous faites le choix de l’abandon de l’école publique ?