Les violences du quotidien ne sont pas de simples faits divers. Elles sont le reflet d’un malaise profond dans notre société, nourri par des fractures sociales, territoriales et humaines. Dans de nombreux territoires, le sentiment d’abandon progresse, alimentant insécurité et défiance.
Mais au-delà des violences visibles, il existe une réalité trop silencieuse : plus de la moitié des violences se déroulent dans la sphère familiale. En 2024, 272 400 victimes de violences conjugales ont été recensées. Depuis le 1er janvier 2026, en moins de trois mois, 27 féminicides ont déjà été commis. Elles étaient 168 en 2025. Derrière ces chiffres, ce sont des vies brisées et des drames humains que nous ne pouvons accepter.
Face à cette situation, la réponse doit être claire : des sanctions rapides, une justice effective et une tolérance zéro face à l’impunité. En parallèle, il est tout aussi essentiel de mieux protéger et accompagner les victimes, de réparer et de restaurer la confiance.
Les mesures répressives ne peuvent constituer l’unique réponse. Une partie de ces violences trouve son origine dans des fragilités profondes. La prévention doit donc être au cœur de notre action. Elle passe par un meilleur accès à la santé mentale, en particulier pour les jeunes, dont les souffrances sont encore trop souvent ignorées. Elle passe également par une mobilisation renforcée en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, tant les violences sexistes et sexuelles restent massives.
Les mesures indispensables de prévention nécessitent de réinvestir nos territoires. Cela suppose de renforcer la présence des services publics, de développer la médiation, de soutenir l’école et le tissu associatif, et de recréer du lien social là où il s’est fragilisé. La sécurité ne repose pas uniquement sur des moyens policiers : elle dépend aussi de la qualité de vie, de l’accès aux services et de la vitalité des solidarités locales.
Enfin, la lutte contre les trafics de stupéfiants doit rester une priorité, tant ils structurent certaines formes de violence et fragilisent durablement des territoires entiers.
La sécurité est un droit fondamental. Elle se construit dans la durée, par la justice sociale, par la présence de la République et par la cohésion nationale. C’est en agissant sur les causes profondes que nous pourrons réellement faire reculer les violences du quotidien.