L’horreur, la compassion ne peuvent nous faire taire la réalité.
Votre garde des Sceaux a annoncé pouvoir traiter en un mois 70 000 dossiers restés en attente. Est-ce bien raisonnable ?
Au-delà de ces dossiers, ce sont des milliers d’enfants victimes de violences qui ne sont pas entendus. Notre devoir est de faire en sorte qu’ils le soient, que les violences qu’ils subissent soient stoppées par les adultes que nous sommes.
L’inspection générale devra faire toute la lumière sur les dysfonctionnements, s’il y en a eu. Mais elle ne saurait suffire : N’en déplaise, au Président de la République qui à déclarer « qu’on ne me parle pas de moyens » ; Rendre justice est aussi une question de moyens. Il y urgence à débloquer les moyens pour les enquêteurs, les magistrats, mais aussi l’Éducation nationale et la psychiatrie. Il y a urgence à mettre en œuvre les recommandations de la Ciivis.
Face au besoin de justice qui s’exprime partout dans le pays, l’heure n’est pas à fragiliser davantage l’institution judiciaire. Or, la défendre, c’est lui donner les moyens d’agir.
Des milliers de personnes se sont rassemblées devant les tribunaux pour dire une chose simple : nous voulons briser la loi du silence et construire une société qui protège réellement les enfants. Ces rassemblements ont eu lieu partout en France, y compris place Vendôme là où dans l’incompréhension générale le rassemblement fut interdit.
Monsieur le Premier ministre, quand les moyens attendus seront-ils débloqués et les enfants de notre pays réellement protégés ?