À la tribune

Débat sur la régulation des GAFAM

Faut-il craindre que les GAFAM ne défient un jour la souveraineté des Etats ? Eric Bocquet interroge le Ministre

Ce jeudi 3 juin se tenait, au Sénat, un débat à l’initiative des sénateurs du groupe Les Républicains, portant sur la régulation des GAFAM (acronyme désignant les géants du Web — Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, et leurs homologues).

Eric Bocquet intervenait au nom du groupe CRCE dans ce débat, pour interroger sur la croissance des GAFAM, qui semble illimitée et n’est pas régulée à ce jour, et sur la crainte que leur puissance vienne un jour entrer en collision avec la souveraineté des Etats et la démocratie.

Lire le texte de l’intervention

Monsieur le Président,
Madame la Ministre,

Je voudrais d’abord saluer l’initiative utile de nos collègues « Les Républicains », d’avoir proposé ce débat sur la régulation des GAFAM. Il aurait mérité même, je crois, plus de temps encore, et j’ai même applaudi les propos introductifs de notre collègue Jean-Raymond Hugonet.

En une génération, en effet, le numérique a complètement transformé le monde et nos sociétés. Chaque minute sur la planète, l’être humain produit 300 000 tweets, 15 millions de sms, 204 millions de mails et 2 millions de mots clefs sont tapés sur le moteur de recherche Google. Les technologies de l’information et de la communication sont plus répandues aujourd’hui que l’électricité sur la planète.

Toutes ces pratiques fournissent une matière première considérable, les données que nous offrons gratuitement aux GAFAM. Les entreprises du numérique, ont atteint un poids financier et économique considérable. La valeur en bourse de Apple a dépassé le seuil des 2000 milliards de dollars, soit la moitié du PIB du Royaume-Uni.

Mes chers collègues, le débat n’est pas aujourd’hui d’être pour ou contre le numérique. La question est bien de la nécessité évidente d’une régulation. Pendant la récente campagne des présidentielles aux Etats-Unis, la question du démantèlement de ces grands groupes fût évoquée.

En somme, l’objet de ces groupes est d’éliminer du monde toute marge d’incertitude, de rendre le monde et l’humanité prévisibles, de créer une sorte de marché de la certitude totale.

Je citerai pour conclure, cette phrase d’une universitaire américaine, Mme Shoshana Zuboff : « Les capacités du numérique perfectionnent la prédiction et le contrôle comportemental, permettant à la connaissance parfaite, de supplanter la politique comme moyen collectif de prise de décision ».

Facebook comptait en 2016 1,6 milliard d’usagers. Il sont 2,8 milliards aujourd’hui.

Madame la Ministre, n’y a-t-il pas un risque, selon vous, qu’une croissance illimitée des GAFAM, ne viennent défier un jour la souveraineté des Etats et la démocratie ?

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