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Michelle Gréaume

éric Bocquet Découvrir le sénateur
Actualité

Communiqué - Presse

Congrès de Versailles : s’y rendre pour défendre la démocratie

Le 9 juillet, les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE et les député-e-s du groupe GDR prêteront serment à Versailles pour défendre la démocratie

Le 9 juillet prochain, Emmanuel Macron convoque une nouvelle fois le Congrès du Parlement au château de Versailles, quelques jours avant la célébration de la prise de la Bastille.

Ce discours qui avait été qualifié lors de sa création en 2008 de « discours du trône » permet au Chef de l’Etat d’affirmer son autorité à l’égard des députés et sénateurs, bafouant ainsi le principe républicain de séparation des pouvoirs.

Le plus choquant dans cette initiative de l’apprenti monarque Emmanuel Macron, c’est la tenue de ce congrès la veille de l’examen en séance publique à l’Assemblée nationale d’un important projet de loi constitutionnelle qui l’abaisse et remet en cause les prérogatives constitutionnelles du Sénat.

Droit d’amendement réduit comme peau de chagrin, annihilation de la navette parlementaire et donc du pouvoir d’intervention du Sénat, accentuation de la priorité gouvernementale dans l’ordre du jour, recherche de l’efficacité au détriment du débat marquent ce projet.

Cette révision constitutionnelle associée à l’annonce démagogique de la réduction du nombre de parlementaires et donc de la représentation démocratique remet en cause l’équilibre des pouvoirs dans notre pays, remet en cause son organisation démocratique.

Le tumulte médiatique sur une myriade de sujets, le « zapping » de l’information ne doit pas occulter ce fait : l’heure est grave pour l’avenir de nos institutions.

C’est pour cette raison que les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE et les député-e-s du groupe GDR appellent à prêter le serment suivant le 9 juillet à 13h00, devant la salle du Jeu de Paume à deux pas de l’hémicycle du Congrès.

« Nous, élus et citoyens, attachés à la République et à la démocratie, dénonçons le projet de révision de nos institutions par le Président de la République, la dérive monarchique de notre régime qu’il aggrave encore, la méthode qui consiste à le faire adopter dès cet été, sans débat public dans le pays, sans consulter nos concitoyens, alors qu’il s’agit d’un bouleversement majeur de nos institutions et de la Constitution.

Nous nous engageons à combattre ce projet dangereux pour la démocratie en faisant éclater la vérité sur son véritable contenu, à agir, propositions à l’appui, pour une nouvelle République, à exiger la consultation par référendum de notre peuple à l’issue du débat parlement, comme le permet l’article 89 de la Constitution. »


La presse en a parlé

Le journal Libération a publié un article suite à la publication de ce communiqué.

Congrès : les parlementaires PCF préparent un nouveau Serment du Jeu de paume
Par AFP — 26 juin 2018 à 13:42

Députés et sénateurs communistes se rendront bien le 9 juillet à Versailles pour le discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès, mais ils prêteront auparavant « le serment de défendre une République démocratique », devant la salle du Jeu de paume, ont indiqué mardi plusieurs parlementaires.

« Nous allons porter notre voix » au Congrès et « nous n’en resterons pas là », a déclaré le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, lors d’une conférence de presse.

« Nous appelons celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre pour prêter le serment de défendre une République démocratique et appeler à un référendum » sur la réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron, a ajouté Pierre Dharréville.

Le 20 juin 1789, dans la salle du Jeu de paume, toute proche du château de Versailles, les députés avaient juré de ne pas se séparer avant d’avoir donné à la France une Constitution.

Le rendez-vous communiste est fixé à 13H00 le 9 juillet, le discours du chef de l’Etat devant débuter a priori à 15H00.

Pierre Laurent, secrétaire général du PCF et lui-même sénateur, avait appelé dès début juin à une manifestation « aux portes du château de Versailles » le jour de la réunion du Congrès. « Nous proposerons à toutes les forces engagées dans les mobilisations du printemps de venir dire ce jour-là à Macron (...) ce que la République pense de sa politique et de l’exercice monarchique de son pouvoir », avait-il précisé.

A l’annonce récente de la date du Congrès, les députés PCF s’étaient interrogés sur un éventuel boycott.

L’an dernier, des députés de La France insoumise et des parlementaires communistes avaient déserté la salle du Congrès pour le premier discours d’Emmanuel Macron. Les élus PCF, arborant leurs écharpes tricolores, s’étaient rassemblés auparavant devant la mairie de Versailles, près de la rue des Etats-Généraux, « pour dire non à la monarchie présidentielle ».

Au lendemain de la réunion du Congrès débutera à l’Assemblée l’examen du projet de loi constitutionnelle « pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace », qui passe dès cette semaine en commission.

Ce texte porte « des coups extrêmement durs contre notre République et en particulier contre le Parlement », selon le patron des députés PCF. Son groupe défendra des amendements pour « empêcher les pouvoirs d’hyper-président », favoriser la démocratie participative, mais aussi inscrire « le principe d’une République solidaire », celui de « l’égale dignité de chacun », et encore celui de la démocratie en entreprise.

Ces parlementaires veulent en outre supprimer le mot « race » de la Constitution - proposition portée par les communistes dès 2003 - et compléter la Charte de l’environnement, qui est adossée à la Constitution. Ce qui est proposé par la majorité en matière environnementale est « cosmétique », selon eux.

Avec « l’ambition d’un nouveau souffle démocratique », « nous ouvrons des chemins vers une VIe République », selon M. Chassaigne.